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 Isis.

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Nana
Rondoudou Chanteur
Rondoudou Chanteur


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Date d'inscription : 08/06/2012
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MessageSujet: Isis.   2014-05-09, 22:03

Hello vous autres! Bon ben si ça vous intéresse, voici un échantillon de ce que j'écris, ça date de l'an dernier, ça n'a aucun rapport avec Pokemon mais bon  :non: 

I-

L'ombre scintille. Les lumières s'exaltent dans les ténèbres. Les droites sont devenues courbes, puis les courbes sont devenues vagues. Un océan de couleurs déchainé à travers une violente tempête. Les cœurs palpitent au rythme effréné du son.
Jeunes fous, l'œil fier et brillant. Âmes égarées. Dieux en puissance. Leurs mouvement s'épanouissent, ils ne font plus qu'un avec l'atmosphère qui vibre sous leurs rires. Ils bougent avec une grâce maladroite.
C'est une danse. Une danse qui ne s'arrêtera que quand tous seront tombés.
C'est un jeu. Un jeu qui ne se terminera que quand tous seront morts.
La vie s'agite dans leurs veines, emplit chacun de leurs membres, puis remonte jusqu'à leur tête. Et la vie s'expulse par leurs lèvres, sous forme de cascades fétides.
Les divins redeviennent tristement humain. Faibles et mortels, ils s'écrasent au sol les uns après les autres.
Les lumières s'exaltent dans les ténèbres, les éblouissent.
Les vagues sont devenues serpents, ondulent, s'enroulent, se tordent, susurrent à leurs oreilles des sifflements menaçants.
Les battements du son leur déchirent le crâne.        
Âmes blessées. La vie dégouline le long de leurs corps, ils suent leur propre existence.
La danse est terminée.

II-

Je suis réveillée par un gargouillement horriblement douloureux de mon estomac. Ma tête est lourde. J'ai froid, le contact du parquet glacial sur ma peau nue est un supplice, et pourtant tout mon corps est moite. Je me redresse et suis prise de vertiges: ma vue se brouille, un bourdonnement gronde dans mon crâne. Quand j'arrive à nouveau à distinguer les choses clairement, je constate que tous les autres dorment, roulés en boules  sur le sol, ou serrés les uns contre les autres sur des matelas à moitié gonflés. Quelques ronflements pitoyables s'échappent parfois d'une bouche baveuse. Une odeur atroce flotte dans les airs, et je me demande si ils ne se sont pas endormis dans leur propre vomi. Les bouteilles vides jonchent chaque recoin de la pièce, et j'aperçois par la fenêtre qu'un champ de mégots occupe le jardin. Je commence à me remémorer la soirée par bribes floues.
_ Bienvenue chez les vivants!
Je sursaute et me retourne: affalé sur un chaise en plastique, Simon me regarde avec un petit sourire.
_ T'as vraiment une sale gueule, je constate en notant les cernes qui creusent ses yeux à peine ouverts.
Il se marre silencieusement.
_ Tu devrais te voir, ma belle...
Et comme je ne dis rien, il enchaine.
_ Je parie tu avais jamais été bourrée.
Je hausse les épaules, ça veut tout dire.
_ Tu te souviens de la soirée?
Haussement d'épaules, à nouveau. J'ai envie de lui retourner la question, mais ma gorge sèche ne laisse pas passer les mots. Je tâtonne autour de moi et trouve mon portable par terre, coque et batterie retirées. Je le rallume et vois l'heure: 8h34. Ma mère passera me prendre d'ici une demie heure, il faut que je me bouge. Si elle me voit dans mon état elle va faire un scandale. Je me lève et mon ventre douloureux me tire une grimace.
_ Toujours dur, de se remettre de la première cuite, affirme Simon avec compassion.
_ Dis pas de bêtises, je grogne, j'ai juste besoin de pisser.
Il hausse un sourcil.
_ Charmant, dit-il. Très féminin.
Un petit rire m'agite et se transforme en quinte de toux.
_ Tu crois vraiment que dans mon état, je me soucie d'être féminine?
Sur ce, je le plante et sors de la salle. Je dois faire attention à là où je pose mes pieds, des restes de nourriture et autres déchets ont été abandonnés partout. Je pense à la réaction des parents de Louise, la fille chez qui je suis, quand il rentreront ce midi. Même avec l'aide des trente invités, elle n'arrivera jamais à tout ranger d'ici là. Je me demande comment elle va faire disparaître toutes ces bouteilles d'alcool...
Je traverse un couloir et trouve la pièce dans laquelle sont entreposés les sacs et affaires des invités. Je retrouve mon sac à dos militaire sous une pile de manteaux. Il me faut un peu de temps avant de trouver la salle de bain, dans laquelle je m'enferme. Là, en face à face avec mon reflet, je peux enfin constater l'ampleur des dégâts: mes collants sont déchirés, ma robe chiffonnée; mes cheveux pendent lamentablement, les mèches les plus courtes collées à mon front humide; mon maquillage a coulé, une trace noire me barre la joue. Je pue la transpiration. J'hésite un peu à prendre la liberté de me servir de la baignoire, mais je balais ma culpabilité en me disant qu'au réveil, Louise ne sera surement pas à ça près. Je me déshabille mais garde mes sous vêtements, de toute façon déjà trempés de sueur.  L'eau chaude achève de me réveiller. Je me nettoie sommairement et vais même jusqu'à me laver les cheveux avec le shampoing posé sur le bord de la baignoire-je ne supporte pas de les avoir sales. Une fois ma toilette terminée, je m'essuie avec ma robe car je répugne a utiliser une des serviettes pendues au séchoir. Je me démaquille à l'eau et démêle mes cheveux tant bien que mal en passant mes mains dedans. Mes yeux me font mal car j'ai gardé mes lentilles de contact toute la nuit, mais je dois encore les supporter jusqu'à chez moi. Heureusement, j'ai pris du déodorant dont je m'asperge généreusement pour couvrir l'odeur fétide qui semble s'être incrustée en moi. J'enfile mon jean et mon sweat de rechange et jette un coup d'œil à mes pieds blessés par les escarpins que je portais hier soir. J'ai oublié d'emporter des baskets bien confortables pour le lendemain. Tant pis, j'irais en chaussettes en attendant de rentrer chez moi, mes pieds me font trop mal. Je roule mes cheveux trempés en chignon pour qu'ils ne dégoulinent pas sur mes vêtement. La douleur dans mon ventre se rappelle à mon bon souvenir, je quitte la salle de bain pour partir en quête des toilettes. Je n'ai pas trop de mal à les trouver, j'ai vu plusieurs personnes s'y rendre en courant hier soir, et une fois devant la cuvette, je n'ai aucun mal à comprendre pourquoi. L'odeur de vomi fait monter la nausée en moi. Je tire la chasse d'eau trois fois et asperge généreusement les lieux de désodorisant avant de pouvoir enfin me soulager. La douleur disparaît, je me sens tout à coup légère.
Dans le salon, les autres ronflent toujours. Simon s'empiffre, et moi, je me mets à la recherche de mes escarpins en me tordant ingénieusement pour ne pas marcher sur ces corps pathétiquement écrasés par terre. Quand mon portable vibre dans ma poche, j'ai réuni toutes mes affaires. Je ne lis même pas le sms de ma mère, je devine qu'elle m'attend devant la maison. Je vais jusqu'à Louise et me penche sur elle. Sous la couverture, son corps semble avoir fusionné avec celui de Marc, son copain. Je n'arrive pas trop à savoir auquel des deux appartient la main qui dépasse des plis du tissus. Je caresse la joue de Louise, sans réaction, alors je la secoue doucement jusqu'à ce qu'elle entrouvre les yeux.
_ Mmmmm?
_ Je pars, soufflé-je. Merci pour la soirée.
Elle me fait un sourire un peu niais et se rendort.
Je fais signe à Simon, ramasse mon sac et quitte cette maison qui accueillit pour une nuit ce que certains considèrent comme la rébellion contre le monde adulte qui nous oppresse, et que d'autres voient comme le temple du bon temps et de la libération. Moi j'appelle ça la picole.

Au volant de notre vieille Ford, ma mère est figée derrière une couche de fond de teint, en tailleur strict, prête à aller bosser. Elle mordille nerveusement sa lèvre. Grosse réunion, aujourd'hui, semble-t-il. Je jette mon sac sur la banquette arrière et l'embrasse rapidement. Elle démarre, ne demande rien sur la soirée. Elle se doute de ce à quoi ça a pu ressembler, mais comme elle ne veut pas que je lui mente, même pour se rassurer, elle ne demande rien. De toute façon, elle parle rarement beaucoup quand une grosse journée l'attend. Mais le silence devient quelque peu pesant, alors je tends la main vers la radio. Elle a la même idée au même moment, nos mains se touchent, on sourit discrètement -on a le même sourire elle et moi, léger, avec des petits plis au coin des yeux-, elle me laisse allumer et régler la station. La musique Hot'n Cold de Katy Perry remplit la voiture, elle oublie son stress et moi ma fatigue, et on chante à pleine voix, dans un anglais approximatif, pas du tout accordées -mon timbre est assez grave et un peu rauque alors qu'elle a la voix claire d'un merle. J'aime ces moments avec maman, et je sais qu'elle les aime aussi. Je sais qu'elle regrette de si peu nous voir, mes frères et moi. Je sais qu'elle s'en veut, à chaque fois qu'on vient chez elle, parce qu'elle sait qu'on ne s'y sentira jamais chez nous. Je n'essaie pas de la rassurer, parce qu'elle se sentirait vulnérable. Ma mère est une louve, elle s'est toujours battue avec cette énergie que je lui envie, pour son travail, pour ses enfants, pour sa vie. Quand elle me dépose devant la maison de mon père, elle m'enlace et ses yeux brillent, mais elle ne pleurera pas, elle ne pleure jamais.
_ A un de ces quatre, je dis, et je l'embrasse. J'essaierai de passer te voir dans la semaine si je peux.
Elle acquiesce et redémarre.

La maison de mon père, je la vois comme un joyeux terrier, chaud et bordélique. Je vis avec mon père et deux de mes frères. Le plus jeune, Zack, a un an de moins que moi, et on peut toujours compter sur lui pour inviter ses copains à squatter à toute heure de la journée. L'autre, Abélard, mon aîné de deux ans, passe sa vie dans ses bouquins et ses cours, en guerre contre sa classe préparatoire. Le dernier, Angel, est parti à la fac il y a un an.  On est -était?- vachement proche. Ensemble, on a échafaudé plein de théories concernant les raisons qui ont poussé nos parents à nous donner des noms pareils. Ils n'ont jamais voulu nous dire comment ils avaient choisi, à part pour pour moi, et ce n'est franchement pas glorieux. Je veux dire, je porte le nom d'une déesse égyptienne, ça pourrait vouloir dire qu'ils voyaient en moi un grand futur où quelque chose dans ce genre. Mais non. Ils ont juste allumé la télé et pris le premier nom féminin qu'ils ont entendu, et après avoir passé de longs moments devant l'écran a relever tous les prénoms qui passaient, je ne peux dire qu'une chose: j'ai une putain de chance.
En rentrant, je trouve Zack devant la x-box avec son pote Maurice, qui a vraisemblablement dormi ici.
_ Vous avez pas honte, je grogne. A peine levés vous allez geeker...
_ Tu pues l'alcool à trois mètres, me renvoie mon frère.  
Je sais que ce n'est pas vrai, qu'il le dit juste pour m'agacer et voir ma réaction, mais je rougis et prends la fuite vers ma chambre. En passant devant celle de mon père, j'entends des chuchotements féminins. Alicia, sa nouvelle copine, doit être là. Devant la porte d'Abélard, c'est le son caractéristique d'un clavier d'ordinateur qui me parvient. Je frappe et entre sans attendre de réponse. Déjà habillé, il est scotché à son écran sur lequel un long texte se crée.
_ Tu sais, je pense pas que tu rateras ta vie si tu t'accordes une grasse mat' de temps en temps, le dimanche...
Il se tourne vers moi. Je vois a ses yeux fatigués qui luisent à peine derrière ses verres correcteurs qu'il a presque envie de me donner raison.
_ Désolé, Isis, je peux pas trop parler, là...
Il se mord la lèvre et replonge dans son travail.
Ma famille.
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Miou
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MessageSujet: Re: Isis.   2014-05-09, 22:47

Je confirme que tu écrit vraiment très bien :oui: En plus le sujet est touchant :coeur: ça donne réellement envie de voir plus de textes que tu a écrit :-)))

___________________________
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Nana
Rondoudou Chanteur
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MessageSujet: Re: Isis.   2014-05-09, 22:57

Merci !  :hap: 
Ben j'en posterai peut être d'autres à l'avenir alors^^
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MessageSujet: Re: Isis.   2014-05-29, 11:12

Un écrit somme toute assez parnassien dans la mesure où, court comme il est, il n'a pas vraiment le temps d'en devenir réellement touchant. Pour autant je rejoins Miou, tu as un style vraiment agréable. Si on oublie la première partie, qui se veut à mon sens trop "recherchée", le reste est vraiment fluide et ne souffre que de très peu de défauts. C'est toujours très désagréable de lire des auteurs qui se veulent tellement supérieurs que t'es obligé de relire deux fois certaines phrases...là c'est pas le cas! Il y a juste une phrase qui est un peu dérangeante:

"-T'as vraiment une sale gueule, je constate en notant les cernes qui creusent ses yeux à peine ouverts. "

Le souci étant qu'ici avec l'emploi du présent pour la narration, on a du mal à distinguer ce qui est dialogue et ce qui ne l'est pas. Ceux-ci sonnent un poil trop romancés à mon goût, mais là on part dans ce qui est purement subjectif. Vraiment, je me répète, mais belle prose en tout cas! J'espère avoir l'occasion d'en voir plus sur d'autres types de récits!
 :ok: 
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